Val-de-Saâne
Seine-Maritime, Normandie
Normandie secrète entre bocage et ruisseaux vifs
Entre falaises normandes et champs de blé, la commune dévoile son visage accueillant. Accessible depuis Rouen en moins d’une heure, ce village du Pays de Caux respire la convivialité : maisons à colombages, petites routes bordées de pommiers et l’emblématique fontaine Saint Sulpice, berceau limpide de la Saâne, invitent à une pause au rythme apaisé.
Un ruban d’eau serpente entre talus et prairies fleuries, formant une paisible vallée cauchoise. Sur les hauteurs, les clos-masures typiques abritent hêtres centenaires ; au fond du vallon, libellules et truites s’égaient dans les herbiers aquatiques tandis que l’alouette ponctue le silence. Quelques bosquets de chênes créent des ombres rafraîchissantes pour une halte contemplative.
Les amoureux de plein air trouvent ici un terrain de jeu varié : des randonnées pédestres balisées sillonnent les champs, des circuits équestres traversent les fermes auberges, et un parcours VTT ondule entre vallons et sous-bois. Chaque itinéraire est ponctué de panneaux d’interprétation, invitant à reconnaître orchidées sauvages, silex du plateau cauchois et traces d’alpagas qui paissent à proximité.
Dans une démarche responsable, la municipalité encourage les séjours à faible empreinte. Des vergers partagés offrent fruits de saison aux promeneurs, l’éclairage public passe progressivement aux LED basse consommation et une signalétique en bois local guide les visiteurs vers les producteurs voisins. Guides naturalistes bénévoles sensibilisent petits et grands à la préservation des haies bocagères, véritables refuges pour la faune.
L’année est rythmée par des rendez-vous conviviaux qui célèbrent la nature. Au printemps, des sorties botaniques permettent d’identifier jeunes pousses comestibles, tandis qu’en été un marché artisanal estival anime la place centrale avec musique traditionnelle, stand de vannerie et ateliers pour enfants. Ces moments partagés renforcent le lien entre habitants et voyageurs curieux.
Le terroir cauchois se savoure à chaque bouchée. Dans les fermes environnantes, le Neufchâtel AOP dévoile son cœur onctueux, accompagné d’un miel de tilleul récolté en lisière des bois. Les plus curieux poussent la porte d’un atelier de ferblanterie cauchoise où l’artisan façonne lampes et arrosoirs au marteau, perpétuant un geste ancestral transmis depuis plusieurs générations.
Au détour d’une venelle du centre d’Anglesqueville, le voyageur perçoit l’empreinte du temps : pignons de silex mêlés à la brique rouge, odeur du pain chaud à l’aube, salut d’un habitant qui entretient son jardinet. Le chemin principal longe un ancien lavoir avant de grimper vers les champs ; sur le muret moussu, on devine l’histoire d’une terre façonnée par l’eau, le vent salin venu du large et la patience des agriculteurs. Le tableau se nuance d’ocre et de vert au fil des saisons, offrant à tous une palette qui apaise le regard.
Ici, l’expérience se vit dans une sobriété heureuse. On se réveille au chant d’une mésange, on partage un café sous un noyer chargé de fruits, on échange recettes et anecdotes autour d’une table d’hôtes. Les plus contemplatifs installent leur carnet sur un pont de bois pour croquer la brume matinale, tandis que les adeptes de micro-aventure descendent le cours d’eau en canoë léger ou observent la voûte céleste depuis la clairière, loin de toute pollution lumineuse. Dans ce cadre épuré, chaque geste compte : dire bonjour, savourer le silence, ramener chez soi le souvenir d’une atmosphère véritablement rurale.