Arette
Pyrénées-Atlantiques, Nouvelle-Aquitaine
Immersion pastorale entre crêtes karstiques et vallons boisés
À la croisée des Pyrénées Atlantiques, la vallée de Barétous offre, autour d’Arette, un panorama calcaire et forestier intact, invitant les voyageurs à un séjour authentique et respectueux du vivant.
La Pierre Saint-Martin déploie un immense chaos calcaire sculpté par l’eau, parmi les plus vastes d’Europe. Entre forêts de hêtres et crêtes dénudées, isards et rapaces trouvent refuge, tandis que sources fraîches alimentent torrents cristallins. La commune veille sur ce paysage minéral, véritable laboratoire géologique, où grottes et avens se succèdent au-dessus des nuages.
Spéléologues aguerris explorent l’immense réseau souterrain, tandis que familles arpentent des sentiers balisés à pied, en VTT ou à cheval. Au cœur du bourg, la Maison du Barétous propose des ateliers ludiques pour découvrir pastoralisme et art du tournage sur bois, avant de rejoindre, en hiver, les pistes nordiques dominant les plaines basques.
Un projet de classement Natura 2000 protège la zone karstique et la biodiversité alpine, balisant la fréquentation autour des gouffres. L’Office de tourisme coordonne un réseau d’Ambassadeurs locaux qui guident les visiteurs vers des prestataires écoresponsables, encouragent l’usage des navettes et sensibilisent à l’impact des pas sur les pelouses d’altitude.
Chaque été, la Fête de la transhumance accompagne les troupeaux vers les estives dans un cortège de chants béarnais et de dégustations en plein air. Périodiquement, un grand marché fermier anime la place centrale, offrant concerts, démonstrations de tonte et rencontres avec bergers et artisans.
Du saloir à la ruche, les savoir-faire se goûtent et se contemplent. Les fromagers affinent un fromage de brebis parfumé aux herbes d’altitude, tandis que séchoirs à jambons et boudins livrent des charcuteries fondantes. Sur les hauteurs, apiculteurs récoltent un miel ambré, et dans les ateliers du village, tailleurs de pierre sculptent linteaux et fontaines, perpétuant un geste ancestral.
Dès que l’on franchit le pont de bois posé sur le gave limpide, l’air montagnard emplit les poumons d’un parfum mêlé de fougère, de bruyère et de résine. Les maisons aux balcons sculptés se serrent autour d’une placette pavée, où résonne le cliquetis des sonnailles revenant des alpages. À quelques pas, des chemins herbeux s’enfoncent entre fougeraies et landes odorantes, révélant tour à tour cascades tapissées de mousse, hêtraies profondes et falaises calcaires qui se parent d’ocre au couchant.
Au gré d’une marche à rythme apaisé, le visiteur croise un gardien de troupeaux contant légendes pyrénéennes, ou une équipée d’enfants captivés par l’empreinte fraîche d’un renard dans la boue. Ici, le silence n’est jamais vide : il bruisse du froissement d’ailes des vautours et du gargouillis des sources souterraines. Lorsque le crépuscule tombe, le halo des lampes s’éteint pour dévoiler une voûte céleste intacte, invitant à l’observation des constellations. Cette parenthèse, tissée d’échanges chaleureux et d’instants partagés avec le vivant, grave durablement le souvenir d’une montagne habitée avec humilité et passion.