Au cœur des Alpes du Sud, Ubaye-Serre-Ponçon cultive un art de vivre montagnard apaisé. Entre forêts d’épicéas, hameaux perchés et panorama infini, la commune accueille voyageurs responsables désireux de renouer avec l’essentiel, à pied, en paddle ou autour d’un feu de berger.

Un cadre naturel préservé

Le lac de Serre-Ponçon déroule ses eaux turquoise sur 28 km², miroir paisible des sommets. Selon les archives locales, sa mise en eau en 1961 engloutit l’ancien village d’Ubaye dont quelques vestiges émergent en hiver, rappelant la mémoire alpine. Depuis la rive boisée, chardons bleus et marmottes veillent en silence.

Des activités de pleine nature

Sur la plage communale surveillée, on loue canoë, paddle ou embarcation électrique pour glisser vers les criques cachées, tandis que les enfants jouent sous l’œil vigilant des maîtres-nageurs. Les plus endurants choisissent l’ascension forestière de la randonnée Clot la Cime, 12,8 km et 700 m de dénivelé, offrant un belvédère sur la Durance. Infos pratiques disponibles via l’itinéraire balisé avant le départ.

Un tourisme durable et engagé

Ici, la transition écologique s’expérimente au quotidien. L’espace portuaire a été réaménagé pour rester opérationnel jusque 15 m sous le niveau touristique, un dispositif innovant présenté sur le site communal. Des animateurs Pavillon Bleu sensibilisent à la qualité de l’eau, tandis que l’école locale, labellisée Éco-École, transmet aux enfants gestes écoresponsables et goût de la biodiversité.

Une vie locale et festive

La culture fait vibrer les remparts lorsque le festival Bréolibrius investit Saint-Vincent-les-Forts. Concerts gratuits, spectacles jeunesse, marché artisanal et bœufs improvisés animent ruelles et placettes en soirée. Cet événement fédérateur, organisé périodiquement par des bénévoles passionnés, célèbre musique du monde et convivialité, comme le montre le programme officiel.

Produits du terroir et savoir-faire

À l’Auberge de Saint-Vincent-les-Forts, la carte met à l’honneur tourtons croustillants, agneau d’alpage et fromages crémeux, tous issus de producteurs voisins. Entre salle voûtée et terrasse panoramique, le chef valorise la saisonnalité avec des « produits de pays ». Les voyageurs prolongent l’expérience gourmande en séjournant dans l’un des trois appartements touristiques, réservables via le guide municipal.

À peine franchi le col, un patchwork de forêts, d’alpages et de vergers s’ouvre au visiteur. Un réseau de sentiers thématiques balisés conduit vers les hameaux égrainés sur le versant, chacun dévoilant une chapelle peinte, un four communal ou une fontaine à la fraîcheur cristalline. Des panneaux ludiques racontent la flore alpine, les charpentes en mélèze et les sculptures qui ornent les linteaux, invitant à adopter un regard curieux autant qu’à marcher au rythme apaisé de la montagne.

Au-dessus des toits d’ardoise se dresse le fort Saint-Ours Haut, ouvrage majestueux de la ligne Maginot édifié entre 1930 et 1936. En visitant ses cinq blocs de combat et ses galeries voûtées, on imagine les 240 hommes qui veillaient ici sur la frontière. Le parcours guidé, réservé via la billetterie municipale, offre aujourd’hui un panorama vertigineux sur les combes et les aiguilles environnantes, une immersion dans l’histoire locale autant qu’une leçon de résilience alpine.