Mélisey
Haute-Saône, Bourgogne-Franche-Comté
Forêt, eau et horizons d’étangs sans fin
Entre Vosges et Haute-Saône, ce bourg forestier se dévoile à qui cherche la tranquillité : bruissement des sources, senteurs de sapin et reflets mouvants sur des miroirs d’eau antédiluviens composent une première impression régénérante.
Joyau paysager, le plateau des 1000 Étangs surprend par son damier d’eau, de landes et de forêts issus de l’âge glaciaire. Classé Natura 2000, il abrite linaigrettes, tritons et une mosaïque de tourbières qu’un léger brouillard matinal sublime.
L’« Échappée des 1000 Étangs » déroule une boucle vélo de 60 km serpentant entre vallées verdoyantes et roselières du Breuchin. En chemin, une halte à l’étang de la Grande Chaussée ouvre un poste d’observation privilégié sur les libellules et les reflets bleutés des eaux. Carto, itinéraires GPX et conseils sont disponibles via l’onglet loisirs du site communautaire, pour rouler en toute sérénité.
Mobilité douce : la communauté de communes loue VTC et VTT électriques, permettant d’explorer sans bruit ni empreinte carbone. Gestion responsable : depuis 2017, la commune adopte une politique « zérophyto », préservant pollinisateurs et qualité de l’eau. Toutes les infos pratiques se retrouvent sur le portail Tourisme 1000 Étangs pour peaufiner un séjour engagé.
Au fil des saisons, guides naturalistes proposent des balades crépusculaires pour écouter le brame ou repérer les chouettes, tandis qu’en été des ateliers de land art invitent petits et grands à créer avec mousses, écorces et pigments végétaux. Périodiquement, des veillées contées au bord de l’eau mêlent récits légendaires et dégustations de tilleul local, renforçant la proximité entre visiteurs et habitants.
Saveurs d’eau douce : carpe fumée, truite en papillote de hêtre ou terrine d’écrevisses célèbrent la générosité des plans d’eau. Dans les fermes-auberges, la soupe aux orties côtoie fromages affinés à l’air des tourbières. Une halte gourmande recommandée par le circuit vélo est décrite sur la page terroir, parfaite pour rapporter miels forestiers ou poteries émaillées fabriquées sur place.
Au cœur d’une clairière forestière, Mélisey se laisse approcher par des chemins couverts d’aiguilles de sapin où l’on perçoit déjà le murmure de l’Ognon. Non loin, le Saut de l’Ognon, cascade triangulaire de 13 m creusée dans un verrou glaciaire, projette un voile d’écume fraîche qui parfume l’air de mousse et de résine. Entre blocs granitiques et herbiers flottants, martin-pêcheur et cincle plongeur s’activent, rappelant la vitalité d’une rivière libre.
Les vallées environnantes sont inscrites en ZNIEFF, signe d’une biodiversité fragile mais foisonnante : roselières, droséras carnivores et chevreuils y partagent la quiétude des landes humides. Le bourg cultive une ambiance conviviale ; les façades blondes, les lavoirs et la petite église s’animent lorsque les habitants saluent les voyageurs, heureux de transmettre histoires de scieries hydrauliques ou secrets de cueillette de brimbelles. Loin du tourisme de masse, on goûte ici un rythme apaisé, fait de baignades discrètes dans les rivières claires et de soirées au coin d’un poêle à bois où les étoiles, dénuées de pollution lumineuse, semblent tout proches.